Démystifier l’intelligence artificielle pour en tirer le meilleur parti

Difficile de passer à côté en 2017 : on retrouve l’intelligence artificielle dans tous les derniers salons sur les nouvelles technologies et elle a même eu droit à ses propres événements à Londres (2016) et Paris (2017) avec un succès certain. Elle est aussi le nouvel atout charme des services marketing des grandes entreprises et start-up... même si c’est parfois pour emballer une coquille vide.

Un mythe IA s’est créé et a été largement nourri par la diffusion des œuvres littéraires et cinématographiques de science-fiction depuis les années 1950, le Terminator de James Cameron en 1984 étant certainement la « machine intelligente » la plus connue et présente dans les esprits. Mais cassons cette image tout de suite : il n’existe pas aujourd’hui d’IA forte autonome – c’est-à-dire capable d’effectuer mieux que l’homme plusieurs tâches différentes – et il va encore falloir attendre plusieurs dizaines d’années pour en voir une, selon un consensus largement partagé par les experts de la planète.

Actuellement, ce sont les IA faibles – c’est-à-dire capables de réaliser une seule tâche plus ou moins complexe – qui concentrent les inquiétudes. Elles se développent très rapidement, en grande quantité et dans tous les secteurs, ce qui pourrait profondément impacter la société et l’économie. Dans ce domaine, deux écoles se distinguent : les optimistes voyant les diverses solutions à base d’IA utiles et aisément contrôlables ; et les pessimistes qui réclament une grande régulation de peur de se faire dépasser par l’omniprésence des IA. La confrontation récente des très médiatiques patrons de Facebook, Mark Zuckerberg, et de Tesla/SpaceX, Elon Musk, a mis cette opposition en exergue, le second accusant le premier de ne rien comprendre aux dangers de l’IA et réclamant une régulation préventive.

Revenons à la réalité du terrain : l’IA a aujourd’hui différentes formes et aucune n’est révolutionnaire. D’abord, au risque d’en décevoir certain(e)s, rares sont les entreprises et start-up qui proposent des produits regroupant plusieurs briques d’IA abouties. Il faut savoir que seules les grandes entreprises high-tech telles qu’IBM, Microsoft, les GAFA ou autres BATX ont les moyens techniques et financiers d’explorer et proposer des solutions dans toutes les branches de l’IA. Ces entreprises ont déjà une longueur d’avance et les autres grands groupes et start-up ne proposent pour l’instant que des solutions plus ou moins innovantes qui ne contiennent la plupart du temps qu’une seule brique d’IA (ce qui peut s'avérer tout à fait suffisant pour un projet !).

Attention enfin à « l’AI washing ». En effet, comme avec n’importe quel buzz, nombreux sont les acteurs à surfer sur la vague de l’IA. Le packaging IA, naguère tabou, est devenu sexy et bien des éditeurs et start-up n’hésitent pas à rhabiller leurs solutions conversationnelles ou analytiques avec le nouveau costume de l’IA. S’y retrouver nécessite donc de regarder à la loupe ce que chacun fait, sachant que même une IA faible qui fait très bien ce qu’on lui demande saura apporter une grande valeur. C’est ce décryptage que nous avons voulu apporter dans notre étude sur l’IA : « Artificial Intelligence: Demystification and Market Opportunities ».