Le 'data-driven' concrétisé au salon Big Data Paris

Quiconque doute encore de l’intérêt d’adopter une démarche « data-driven » devrait s’offrir un aller-retour au Palais des Congrès pour le salon Big Data Paris (11 et 12 mars cette année). La succession de témoignages utilisateurs rend le concept beaucoup plus concret : mieux connaître ses clients, formuler les bonnes recommandations, comprendre et prévenir les problèmes… Pour tous les participants de cette première journée consacrée au Big Data, mettre la donnée au cœur de la stratégie de l’entreprise - ou de son organisation, dans le cas du secteur public - était clairement une réponse gagnante aux enjeux posés par une concurrence exacerbée, un environnement réglementaire et économique mouvant ou encore des changements de comportement de la part des clients. Cette première journée permet également de tirer quelques conclusions sur ce marché complexe de la data, mêlant décisionnel, intelligence artificielle, Big Data…

Le Cloud s’impose

A de très rares exceptions près, les témoignages mettent en avant l’intérêt du Cloud pour mettre en œuvre des architectures d’exploitation de la donnée. D’une part parce qu’il s’agit d’aller vite, pour la mise en œuvre comme pour les itérations successives, d’autre part parce que les technologies évoluent très rapidement. Le VP infrastructure de Zalando l’a souligné dans une phrase lapidaire : « Hadoop est mort, passez directement à un datalake sur le Cloud ».

Machine learning et IA infusent dans tous les univers

La BI traditionnelle décline, vive la BI augmentée : l’algorithmie est au cœur de tous les projets, de façon à affiner les outils d’aide à la décision, d’y voir clair dans des amoncellements de données disparates, sans lien évident les unes avec les autres. Chaque équipe comporte une pluralité de profils, dont des data scientists, pour transformer les données en « insights », informations exploitables.

Infrastructure IT et gouvernance sont encore les parents pauvres

Après plusieurs décennies de BI et datawarehouses en tout genre, il se trouve que l’agrégation des sources, le décloisonnement des silos et le nettoyage des données restent plus que jamais d’actualité. La qualité des données, l’architecture de données, ne sont pas des sujets sexys, mais ils sont essentiels pour réussir les projets. Chez Covea, par exemple, le « data hub » constitue désormais le cœur de 3 SI différents (GMF, MMA et Maaf).

Accompagnement et acculturation restent primordiaux

Qu’il s’agisse des métiers ou des spécialistes de l’IT ou de la donnée, la transformation en une organisation « data-driven » ne se fait pas en un claquement de doigts. Les témoignages insistent sur le temps qu’il a fallu (quelques années parfois) pour expérimenter et se familiariser avec la technologie, mais aussi avec la culture de la donnée. L’accompagnement était nécessaire pour tous les profils et les ressources restent rares. D’ailleurs, plusieurs intervenants n’ont pas hésité à le dire : les équipes data recrutent !