Le top 10 des ESN retrouve des couleurs

Le top 10 des ESN retrouve des couleurs

Le top 10 des ESN retrouve des couleurs !

Après une année 2014 en décroissance (-0,3%), le top 10 des ESN sur le marché français est repassé dans une dynamique positive avec une croissance de 1,9%. Toutefois (et comme en 2014), deux des poids lourds américains, IBM et HP, ont encore souffert du transfert d’une partie de leurs activités d’infogérance d’infrastructures vers le cloud. Ce phénomène s'amenuise (leur décroissance 2015 est moins importante que celle de 2014) puisque la croissance de leurs activités cloud est très importante mais impacte encore négativement les revenus en services. Cette tendance pourrait s'inverser à partir de cette année ou l'année prochaine si le volume de leurs activités cloud devient suffisamment important. Les 8 autres ESN du top 10 ont bénéficié d’une croissance de 2,3%, bien supérieure à celle du marché (1,7%). Après plusieurs années de vaches maigres pour le top 10, et alors que les ESN hors top 10 avaient une meilleure dynamique, le « vaisseau amiral » de l’industrie des services informatiques, qui compte pour plus de 44% du marché, redevient la principale locomotive du marché.

En dehors d’Accenture qui bénéficie encore beaucoup de ses offres dont une partie est basée sur des engagements orientés métiers, et qui a enregistré une forte croissance (+7%), les acteurs ayant une croissance supérieure à 5% (soit GFI, à +10%, et Econocom, à +6%) le doivent en partie à de la croissance externe.

Nous pouvons souligner aussi le retour à la croissance d’Atos en France après plusieurs années de décroissance. Les bénéfices des nouvelles offres et d’une approche commerciale orientée secteur / métier plutôt que technologies commencent à se faire sentir.

Il apparaît clairement que les acteurs positionnés sur des problématiques de transformation digitale du côté des services applicatifs bénéficient aujourd’hui de la dynamique de ce segment alors que ceux visant plutôt des sujets infrastructures sont plus en difficulté.

Ce phénomène a aussi profité aux ESN en dehors du top 10 qui ont réalisé une croissance de +1,5% en 2015. D'abord parce que la transformation digitale ne touche pas que les grands comptes et ensuite parce qu'il existe un certain nombre de 'pure players' de la transformation digitale, notamment sur le big data ou l’IoT, qui ne sont pas (encore ?) dans le top 10.
Dans ce contexte de transformation numérique, les ESN « traditionnelles » qui n’auront pas su faire évoluer leur positionnement, leurs offres, leurs propositions de valeur… risquent de se retrouver dans une situation très difficile, voire de disparaître.

Le risque est aujourd’hui très important pour les ESN de taille intermédiaire, de 10 à 50M€, qui ont une activité fortement orientée vers la gestion d’infrastructures en régie. Elles sont prises en étau entre l’offshore d’un côté et le cloud computing de l’autre. Ces ESN doivent absolument faire évoluer leur positionnement si elles ne veulent pas mourir. Il faut qu’elles développent des offres (alors qu’aujourd’hui elles vendent des ressources), qu’elles se positionnent sur des prestations de type projet en mode forfait (donc avec engagement de résultat), qu’elles soient beaucoup plus orientées usages (alors qu’elles sont très souvent orientées technologies aujourd’hui), qu’elles développent leurs compétences (et donc leur activité) sur les sujets porteurs (sécurité, mobilité, big data…).

A l’autre bout du spectre, nous voyons émerger une multitude de start-up sur les sujets porteurs (sécurité, big data, internet des objets ou transformation numérique). Toutes ne vont pas réussir à croître pour devenir pérennes, certaines vont se faire racheter… Comme sur tous les marchés, plus la maturité de l’offre et de la demande sera importante, plus les acteurs vont se concentrer.