Pas besoin d’avoir la « culture start-up » pour travailler avec

Pas besoin d’avoir la « culture start-up » pour travailler avec

Le problème n’est pas nouveau, mais les relations entre start-up et grandes entreprises n’ont jamais été une promenade de santé. Cependant, elles sont de plus en plus mises en lumière aujourd’hui avec l’engouement général autour des start-up. Les grands comptes veulent absolument se montrer avec leur galaxie de start-up, à Vivatech ou au CES par exemple. Le gouvernement pousse l’entrepreunariat politiquement et financièrement et les initiatives sont suivies par l’émergence d’un environnement solide avec des associations et autres incubateurs pour accompagner les start-up, Station F en tête.

Le principal point de crispation est connu : il tourne autour de la grande différence de culture entre les grandes entreprises et les start-up, les grandes ESN n’étant pas épargnées. Il est cependant utopique d’espérer transformer l’organisation de groupes de plusieurs milliers de personnes sur un modèle start-up. Il faut au contraire accepter cette différence et se concentrer sur les outils existants pour améliorer les relations : contrats simplifiés, processus achats adapté, sourcing qualitatif et adapté aux besoins, etc.

Il faut aussi combattre les dérives liées à l’image : certaines entreprises pensent qu’il suffit de travailler avec des start-up pour être innovantes et certaines start-up foncent tête baissée pour avoir le « tampon » d’un grand groupe. Cela aboutit rarement à des échanges commerciaux et à des projets réussis. Pour cela, il faut plutôt renforcer les liens avec les start-up en créant plus de ponts « humains ». Il existe d’ailleurs déjà des initiatives pour pousser les cadres d’entreprises à effectuer des missions pour les start-up. D’un côté la start-up acquiert expérience et expertise et de l’autre, la compréhension des besoins et du fonctionnement d’une start-up est renforcée. Un dispositif facilité par une nouvelle mesure encore méconnue du Code du travail : le prêt de main d’œuvre à but non lucratif.

De manière générale, il est donc nécessaire de rationaliser les relations et de travailler en écosystème de qualité et non de quantité. C’est d’autant plus intéressant pour les ESN qui peuvent utiliser les start-up pour compléter leurs offres tout en leur apportant leur capacité d’industrialisation à grande échelle.

Pour améliorer globalement les relations et la réussite des projets, il ne faut donc pas AVOIR la culture start-up, mais la COMPRENDRE. Au-delà de cette attitude à adopter, nous listons dans notre dernier rapport sur le sujet les bonnes pratiques à observer pour bénéficier de l'agilité et de l'innovation promises par les start-up, tout en faisant en sorte que cette relation ne soit pas à sens unique.