Veolia et Décathlon optent pour le "full Cloud" chez AWS

Veolia et Décathlon optent pour le "full Cloud" chez AWS

Entre des grands groupes qui décident de basculer toute leur IT ou presque sur le Cloud et des entreprises pour lesquelles on ressent encore le besoin de faire de l’évangélisation, l’écart est immense. AWS a néanmoins tenté l’exercice hier, lors d’un AWS Transformation Day.

Cette édition parisienne d’une série de conférence utilisateurs données ce mois-ci dans plusieurs grandes villes françaises a ainsi vu se succéder des témoignages inspirants de clients - on retiendra surtout Veolia et Décathlon - et des évangélistes maison. Ceux-ci sont venus rappeler qu’avec le Cloud, on ne paie l’IT qu’un mois plus tard et uniquement pour ce qu’on consomme, qu’on dispose immédiatement des ressources dont on a besoin, que les déploiements sont automatiquement distribués, résilients et élastiques, etc. Cela vous semble des évidences ? Elles le sont assurément mais, visiblement, il reste encore beaucoup de personnes à convaincre. Des DSI, notamment, qui craignent pour eux et leurs équipes. Stephan Hadinger, patron de l’architecture chez AWS France, reconnaît qu’il y a un cap à passer, qu’il faut expliquer aux équipes d’infrastructure qu’elles ne perdront pas leur emploi, qu'elles feront juste de l’exploitation autrement. « Chez Veolia, dit-il, les équipes d’infrastructure sont devenues les plus grands promoteurs. » 

Il faut aussi convaincre les gens du métier, rappelle Miguel Alava, DG EMEA d’AWS : « Il faut les éduquer sur le fait que l’IT n’est plus un facteur bloquant et que, du coup, la seule limite est leur créativité. » Une assertion que nous partageons totalement : lorsque des DSI nous demandent de les éclairer sur la transformation numérique, nous insistons pour que la direction et les gens du métier participent à nos ateliers. Il est primordial en effet de comprendre que la transformation numérique ne se réduit pas à des projets informatiques, fussent-ils des projets de migration sur le Cloud. L’innovation doit d’abord se penser en fonction de ce qu’on souhaite offrir aux clients comme expérience différenciante ; la réflexion sur les technologies vient ensuite - sachant que le Cloud apporte assurément une grande agilité pour tester, se connecter à des services tiers, des partenaires, et déployer rapidement un nouveau service partout dans le monde.

Pour le DSI groupe de Veolia (photo ci-dessus), le Cloud permet ainsi aux DSI de se positionner comme des « digital business partners », des partenaires qui permettent aux ingénieurs de Veolia de « construire les choses beaucoup plus vite et plus efficacement ». Il faut juste faire de l’évangélisation en interne, faire comprendre ce que la technique peut apporter. « On ne conçoit pas les services métier de la même façon quand on sait que la puissance informatique est là, agile », raconte Jean-Christophe Laissy, le DSI groupe.

Chez Veolia, le passage au Cloud est un choix global, drastique, qui vise à éliminer tout datacenter en propre ; un choix pris par Jean-Christophe Laissy, expliqué seulement ensuite au Comex, avec plusieurs arguments solides à la clé : énergie verte, performances, disponibilité, agilité... Décathlon n’en est pas encore là, mais la montée en puissance progressive du Cloud, des premiers ‘workloads’ transférés sur AWS en 2012, qui ont montré des gains sur les performances à la fois techniques et économiques, au portage des 7 chaînes logistiques - cœur de métier - sur une application SAP dans le Cloud secondée par une base InMemory SAP HANA, le groupe de magasins de sport a eu le temps d’évoluer, de former ses équipes, et est désormais prêt pour enclencher son programme « full Cloud ».

Les enseignements délivrés par David Helleboid, systems operations leader de Décathlon, montrent que le passage au Cloud doit être soigneusement préparé et accompagné. Au-delà des métiers et des équipes de l’infrastructure, les changements ont en effet un impact sur toutes les équipes de la DSI - il s’agit de ne pas laisser sur le côté les « équipes legacy », insiste David Helleboid, mais aussi de dessiner et dimensionner correctement l’architecture réseau ; dans ce domaine, Décathlon en est à sa 4e itération. L’aspect financier des opérations sur le Cloud (le « FinOps ») ne doit pas être négligé non plus. « Il faut bien comprendre le modèle de facturation, raconte David Helleboid, c’est primordial car sinon les vannes sont ouvertes et ce flux est difficile à contrôler. » En d’autres termes, lorsqu'on leur donne les moyens de réaliser leurs projets, les gens y prennent goût, bizarrement. Comme la conférence utilisateurs de Google Cloud Platform l’a aussi démontré le mois dernier, la simplicité et l’agilité apportées par les plateformes de Cloud libèrent la créativité des gens des métiers pour, in fine, optimiser la performance des entreprises.