Vivatech : les écosystèmes numériques à l’honneur

Vivatech : les écosystèmes numériques à l’honneur

Vivatech aura parfois été qualifié de « mini-CES à la française ». Si on se réfère au nombre de start-up venues exposer leur savoir-faire et leurs innovations – en particulier des robots, des robots, et encore des robots – alors c’est assez vrai. Mais Vivatech, de notre point de vue, c’est surtout la célébration d’un heureux mariage, entre carpes et lapins, autrement dit entre grands groupes français et jeunes pousses considérées comme autant de pépites potentielles.

Les grands noms étaient là en masse, avec de larges espaces exposant leurs réflexions sur l’avenir de leur métier et de leurs offres : Carrefour, Engie, La Poste, BNP Paribas, LVMH, Valeo… Autant d’entreprises fortement engagées dans leur transformation numérique et reconnaissant dans les start-up non seulement un réservoir d’innovations mais aussi un moteur. Pourquoi ce distinguo ? Parce que naguère, l’alliance entre start-up et grand groupe était le plus souvent à sens unique, le plus grand s’appropriant sans vergogne les avancées du plus petit, étouffant à la fois sa croissance et sa créativité.

Au-delà donc de la célébration des « 5000 start-up » de cette seconde édition du salon parisien, auréolée de la visite du président de la République et de son discours sur la « start-up nation », nous retenons cet état d’esprit nouveau de la part des grands groupes. Nous évoquons souvent la co-innovation, la co-construction comme moyens de faire évoluer son offre. Mais surtout depuis plusieurs années chez PAC – depuis que nous évoquons la transformation numérique, en fait – nous mettons en avant la notion d’écosystème et la nécessité de s’appuyer dessus tout en l’enrichissant soi-même.

Ces écosystèmes numériques permettent à une marque de s’inscrire dans une démarche de service global rendu au client dans son contexte. Typiquement, les fabricants d’automobiles ne peuvent plus se contenter de vendre des voitures, au travers d’intermédiaires. Il leur faut maîtriser la relation avec le client final, tout en gérant plusieurs évolutions simultanées : les véhicules connectés, électriques, autonomes… C’est en s’entourant de partenaires qu’ils peuvent fournir les services créant une expérience utilisateur à même de satisfaire le client et bâtir une relation durable.

Cette notion se vérifie partout – le colloque du G9Plus co-organisé par CXP Group mi-juin l’a aussi démontré. Dans la banque, BPCE s’appuie sur un réseau de start-up, estimant que l’innovation vient de là, tandis que le rôle de la banque est de transformer son business pour s’adapter à ces innovations. Chez Keolis, Laurent Kocher a revu les process pour travailler avec les start-up sans subir le poids des procédures traditionnelles de la relation client-fournisseur.

A Vivatech, Carrefour a par exemple insisté sur l’open innovation comme moteur essentiel pour renouer avec les clients et en conquérir de nouveaux, en France comme à l’étranger. Bien sûr, tout n’est pas rose, et il ne suffit pas de décréter l’open innovation, de multiplier les hackathons, les chatbots et les robots pour subitement devenir un cador du digital. Les hommes et leur volonté de changement comptent avant tout. Et si Vivatech a bien réussi quelque chose, c’est de démontrer cette volonté d’évoluer en s’appuyant à la fois sur les hommes – et les femmes, bien plus nombreuses à Vivatech que dans tout événement IT – et les nouvelles technologies.